La sage Élise

La sage Élise - Comment une pioche pendant au plafond fit pleurer toute la famille

Il était une fois un homme qui avait une fille. On l'appelait la sage Élise. Quand elle fut en âge de se marier, son père voulut lui trouver un mari. Un jour, un étranger du nom de Hans accepta de la prendre en mariage à condition qu'elle fût intelligente. Alors qu'ils étaient en train de dîner, la mère envoya Élise à la cave tirer de la bière. La sage Élise prit la cruche qui pendait au mur et descendit à la cave.

Elle plaça la cruche sous le robinet et pendant qu'elle se remplissait, Élise remarqua une pioche accrochée au plafond. Elle pensa alors à l'enfant qu'elle aurait si elle épousait Hans. Quand il serait assez grand, il irait tirer de la bière à la cave. Imaginant comment la pioche pourrait le blesser, elle se mit à pleurer de tout son saoul. Elle resta si longtemps à la cave qu'on envoya la servante pour aller la chercher. Quand Élise lui eut conté les raisons de sa peine, la servante se mit à pleurer avec elle. Il en fut de même du domestique qu'on envoya ensuite, puis de la mère et enfin du père. Tous se mirent à pleurer en apprenant pourquoi Élise pleurait, et tous la félicitèrent pour sa grande sagesse. Hans lui-même finit par descendre à la cave. Lorsqu'on lui eut conté toute l'histoire, il s'écria : « Je ne peux imaginer plus de bon sens sous mon toit », et il épousa la sage Élise.

Il advint qu'un jour avant de sortir, Hans dit à Élise d'aller récolter du grain. Élise alla au champ et mangea d'abord sa bouillie. Elle fut ensuite si fatiguée qu'elle s'endormit. Quand il rentra chez lui, Hans pensa qu'Élise travaillait encore. Mais le soir venu, Élise n'était toujours par de retour. Hans alla au champ et y trouva son épouse endormie. Il l'affubla alors de clochettes, rentra chez lui et verrouilla la porte.

Il faisait déjà nuit noire quand Élise s'éveilla. Elle se leva et fut bien étonnée en entendant tinter des clochettes à chaque pas qu'elle faisait. Se demandant si elle était vraiment la sage Élise, elle se précipita chez elle. Comme la porte était fermée, elle frappa à la fenêtre et cria : « Hans, Élise est-elle dedans ? » « Oui », répondit Hans. Élise, prise de panique, pensa : « Oh, mon Dieu, je ne suis donc pas moi » et s'enfuit en courant. Depuis ce jour, personne, au village, ne l'a jamais revue.